Vous le savez, je ne joue presque plus à SAGA, par manque de joueurs dans mes clubs ou simplement parce que l’on est trois quand on joue chez Michel. Mais j’ai acheté le nouveau supplément pour Saga antique : l’age des césars. C’est un peu dur de me remettre dedans car je suis passé complètement à côté de l’age d’Alexandre que j’ai acheté, mais jamais utilisé. Mais là, j’ai deux à trois armées romaines déjà en stock que je vais pouvoir utiliser.
Cette fois, le supplément nous emmène de la fin du deuxième siècle avant notre ère et pendant trois à quatre siècles et cette fois en Europe du nord, de l’est et en Asie mineure.
Ce supplément nous propose huit nouvelles factions avec des mécaniques pas forcément des plus faciles à prendre en mains : Légions de césars, Parthes, empire romain, germains, révoltes contre Rome, Daces, Sarmates, Palmyre. Ça me fait énormément plaisir car je replonge dans ce que j’avais appris en jouant à SPQR et ça me met la honte car je me rends compte que j’ai énormément perdu en savoir historique au profit d’une culture générale Geek à base de Starwars et d’impérium…
Qui dit nouvelles factions, dit aussi nouvelles unités. Finalement pas tant que ça. La plupart des unités et équipements spécifiques ayant été présentés dans d’autres suppléments. On notera donc l’arrivée des cataphractaires sur Chameaux et des légionnaires. Oui, finit les manipules de l’armée républicaine, bienvenue aux légionnaires. Ce sont des guerriers avec une armure de 5 comme des gardes, mais on les recrute par six. Bien entendu, une unité perd son dé Saga quand l’unité de légionnaire passe à rois figurines ou moins. Statistiquement, je ne sais pas si c’est rentable, mais ça me fait un peu peur. Contrairement aux manipules qui étaient liées à la taille de l’unité lors de son recrutement, les légionnaires sont un type de troupe et on peut faire une unité de douze.
C’est aussi pour moi le retour des ruses. Déjà que je peinais à les utiliser dans les précédents suppléments, j’ai carrément oublié comment ont les joues. Ce sont des effets qui vont s’activer à la phase à laquelle ils sont liés. Je ne suis même pas sûr que ce soit utilisé par les joueurs lors des tournois.
Passons donc aux nouvelles factions (la difficulté de prise en main indiquée par l’auteur) :
Les légions des césars (intermédiaire)
Toute de suite, en bon français, je pense à la guerre des gaules. Mais il s’agit des armées présentes partout dans l’empire à la fin de la république. Ce sont celles de Jules César, de Pompé et de Crassus… Niveaux figurines, à quelques détails près, ce sont des armées romaines républicaines et sauf si vous êtes un puriste, vous pouvez utiliser vos troupes pour l’age d’Hannibal. Perso, j’utilisais des républicains victrix avec des « fin de république » Warlord pour mon armée romaine.
Votre seigneur est un consul ou un Tribun comme dans l’age d’Hannibal mais peut aussi être un légat. Le Consul est un seigneur classique, le Tribun est un non combattant (Agressivité 2), offrant un nous somme à vos ordres à deux unités et le Légat est un intermédiaire (Agressivité de 5) qui va jouer sur la règle d’armée : la corruption.
Votre armée va disposer de six sesterces qui vont permettre d’ajouter des effets à certaines capacités avancées du tableau. Mais attention, il faut le prévoir car les sesterces sont distribués à la phase d’ordre et qu’ils sont automatiquement consommés par les capacités, même si vous ne souhaitez pas activer l’effet. La gestion va donc demander une planification fine.
Vos unités sont des légionnaires et des alliés (gardes, guerriers, levées). A l’image des successeurs dans l’age d’Alexandre, vous allez devoir choisir une province parmi les trois proposées et cela va influencer le type de troupes proposées. Par contre cela n’influence pas le tableau. Quatre des activations avancées nécessite d’être joué sur une unité de légion. Il va falloir trouver le bon équilibre.
Ayant récemment découvert la bataille de Carrhes grâce à la chaine Nota Bené (il y a des variations entre son discours et les présentations de ce livre), j’arrive à retrouver mes effectifs, ça me satisfait. Quand je vous disais que j’ai perdu en culture histo.
Les parthes (complexe)
Alors, là, j’avoue mon inculture totale sur les royaumes parthes. Ces descendants des scythes seraient originaire d’Iran et se serait taillé un royaume au dépend des successeurs. L’empire qu’ils formeront deviendra celui des sassanides…
En héritiers des scythes, ce sont des cavaliers émérites utilisant l’arc composite. Le tir Parthe est une technique où le cavalier dans sa fuite, se retourne sur sa selle pour tirer. L’autre unité phare de l’armée sont les puissants cataphractaires. Des cavaliers dont même la monture est recouverte d’une épaisse armure. Lors de la bataille de Carrhes, le général Surena avait mis en place un système de ravitaillement pour ses archers. Vous pouvez donc recruter des porteurs de flèches qui vont donner des bonus à vos archers. Vous avez aussi le droit à de l’infanterie, issue des traditions perses ou macédoniennes.
Cette bande est pour les joueurs aimant les unités mobiles. Si vos cataphractaires sont solides, le reste est plus fragile. Nombre de vos capacités vont s’activer en fonction du placement des unités et certaines sont réservées à la cavalerie lourde. J’ai l’impression que le tableau est plus simple à prendre en main que le précédent, mais l’armée au global est certainement plus dure à appréhender.
Les révoltes contre Rome (intermédiaire)
Pareil que pour les parthes, je suis une quiche. Je sais que vous pensez tout de suite à Spartacus, mais les péplums c’était pas mon truc et je n’ai pas poussé à aller lire sur lui. Quand la moitié de la population est esclave et que les dirigeants engrangent les richesses comment s’étonner qu’il y ait des révoltes ? Tout parallèle avec notre monde moderne n’est pas si fortuit. Comme quoi, on ne retient pas l’histoire.
C’est un truc qui m’a toujours étonné, mais les joueurs de l’antiquité adorent avoir une armée de gladiateurs. Il y a de belles figurines, mais une armée entière, ça ne me tente pas, chacun ses goûts. Dans les faits, vous pouvez mettre ce que vous voulez dans votre armée, ce sont des brigands avec des chefs charismatiques…
Vous n’avez pas de seigneur dans votre armée, mais des meneurs. Ces meneurs viennent se greffer sur une unité et ont les mêmes caractéristiques sauf l’agressivité qui est de 2 au CC. Vous n’avez pas de garde, juste des guerriers et des levées. Vous devez (ce n’est pas une obligation) recruter une unité de suivants, les familles des révoltés qui suivent la bande. C’est de la mauvaise levée de dix-huit figurines qui a son importance dans le tableau et je trouve ça fun d’avoir été mettre des civils dans une bande.
Le plateau de jeu en lui-même n’est pas des plus complexes, mais vous allez jouer sans seigneurs. Vous perdez donc un dé SAGA et vous n’avez pas de nous sommes à vos ordres pour une activation gratuite. C’est à tester pour le Fun, mais je ne suis qu'on en verra beaucoup sur les tables de tournois.
L’empire romain (simple, mais pas si sûr)
Là on est dans l’armée romaine que l’on connaît dans les livres Astérix avec la lorica segmenta, le bouclier carré, le gladius et le pilum. Ce sont les soldats de la bataille de teutobourg, mais aussi ceux de la conquête de la Bretagne ou de conquêtes dans l’est de l’empire.
Votre troupe se compose de légionnaires (gardes ou guerriers) et d’auxiliaires (guerriers) infanterie, cavalerie ou archers) ainsi que de la manubaliste (levée). Vous allez aussi pouvoir recruter des centurions, personnages ne donnant pas de dés SAGA, mais ayant la détermination et nous sommes à vos ordres. Ça compense. Entre les légionnaires et les centurions, vous allez rapidement vous sentir en infériorité numérique, par exemple face à la faction précédente ou à la suivante. Le tableau compte quatre ordre de formation donnant des bonus intéressants mais facilement évitables pour l’ennemi. Une unité ne peut en recevoir qu’une à la fois. Enfin, le tableau se montre très défensif, là où les troupes des césars sont beaucoup plus offensifs. La qualité doit compenser le nombre. La présence de héros est très importante pour exploiter le tableau. Un équilibre subtil à trouver.
Les germains (intermédiaire, voir simple)
Peuple barbare au-delà du Rhin et des alpes, les germains ne sont pas assez unis ni commerçant pour représenter un grand intérêt pour l’empire. Il faut juste les maintenir calmes le long des frontières. Car ils ont fait trembler les gaulois et même l’empire. Niveau figurines, je ne les trouve pas trop éloignés des gaulois et avec un partenaire de jeu compatissant, ça devrait passer, même si depuis SPQR, ça me tente.
Niveau jeu, c’est une bande assez classique pour laquelle vous allez devoir faire un choix. Sacrifier un dé à votre phase d’ordre pour donner le bonus de terreur à une grande partie de vos capacités avancées. Etrangement, à la lecture, je trouve cette armée plus proche des premiers suppléments et donc plus simple à assimiler. Ce n’est peut-être pas le cas.
Les rois daces (simple)
Une des armées qui me faisait de l’œil dans SPQR. Les daces sont un peuple parthe vivant dans l’actuelle Roumanie. Les gardes et les guerriers daces manient une arme à deux mains recourbée, le rhomphaia (ou falx en anglais). Si les figurines warlord étaient sympa, les victrix sorties depuis font vraiment envie. Vous pouvez aussi recruter une unité de cataphractaires et des archers montés Sarmates, des archers ou une manubaliste. Une petite phrase en fin de paragraphes laisse entendre que l’on peut recruter des unités plus variées, mais rien. Il y a quand même pas mal de soucis de relecture dans cet ouvrage. Les archers ont la part belle dans le tableau et nombre de capacités vont réduire le nombre de dés adverses. Ça semble assez simple, mais peut-être moins que les germains.
Les Sarmates (simple voir intermédiaire).
Voisins des steppes ukrainiennes, les Sarmates sont un autre peuple parthe connu pour ses cataphractaires et ses archers montés. Certaines tribus ont des noms qui sont restés dans l’histoire, comme les Alains. Un empereur romain à même envoyé une garnison de Sarmates sur l’ile de Bretagne.
Contrairement aux parthes, les cataphractaires vont être au centre de votre dispositif. A voir les unités que l’on peut recruter, je pensais voir plus de tir, mais vous allez devoir jouer énormément sur votre placement pour que vos unités soient à la bonne portée d’effet pour obtenir vos bonus. C’est une armée où on a envie de recruter de nombreux gardes.
L’empire Palmyrenien (complexe)
Au départ, en lisant le nom je pensais Club Med. La ville de Palmyre se situant en Syrie, s’était un haut lieu touristique avant certains évènements. Le site est désormais classé comme site en péril à cause des guerres dans le pays. C’est dommage. Arrivé à ce moment dans ma lecture, je sais que la cité est à la frontière des empires romains et Parthes. L’empire palmyrénien se fonde tardivement (troisième siècle, c'est anachronique par rapport au reste du supplément) et s’étendra vers l’Égypte pour une courte durée.
Logiquement, on va retrouver des troupes parthes dans les troupes de la cité, mais comme elle appartenait à l’empire romain avant sa révolte, il est possible que des légionnaires présents soient restés de leur côté durant cette guerre civile. Et c’est sur cette dualité que joue le tableau. Au début de la partie vous allez choisir vos huit dés parmi les dés romains et les dés phéniciens. La plupart des capacités peuvent être activés indifféremment, mais l’effet va varier en fonction de la couleur choisie. Très intéressant, mais très complexe aussi dans sa planification. certainement la faction la plus complexe du supplément.
Vieux amis.
Le supplément propose deux factions à utiliser avec le tableau gaulois de l’age d’Hannibal : les arvernes de Vercingetorix et les icenis de Boudica.
Les mercenaires
Je ne suis pas un grand fan des mercenaires. Je préfère jouer la faction simplement avant d’y ajouter des options complexes. Mais pour Michel et d’autres les mercenaires apportent un plus important dans le jeu. Et je dois avouer que certains d’entre eux sont des plus efficaces. Si les guerriers arméniens semblent intéressants, et qu’il est possible de recruter des cataphractaires chez les romains, je ne suis pas transcendé par les autres.
Bilan :
Ce n’est pas le supplément le plus simple pour commencer SAGA. Les mécaniques de chaque armée ne sont pas si évidentes que ça à prendre en compte. Pour un joueur plus expérimenté, il y a plein de chose à essayer, parfois juste pour le fun (les révoltes par exemple).
Age des césars, je me voyais aussi en Egypte, au côté de la reine Cléopatre (je ne donne pas le numéro pour ne pas me tromper car il y en a deux très célèbres) mais comme les successeurs traite déjà cette armée, on ne l'aura pas.
Si je ne joue presque plus, ça me donne envie de ressortir mes figurines. J’ai deux armées romaines, une gauloise, des cataphractaires (je ne sais plus dans quelle boite), bref largement de quoi faire quelques parties.
Bon jeu à vous



















































